16 juillet 2008

NOMAD'S LAND Sur les traces de Nicolas Bouvier

Sortie de
NOMAD'S LAND


Oyez oyez amis de tous bords,

Trois ans à préparer 90 minutes, ça fait une vie pour quelques jours finalement – j’ai fait les calculs.
Alors ils ont intérêts à être beaux, ces jours-là. Il faudrait un coin de lac, des apéros à ne plus savoir que chanter, un bon film, vous bien sûr, et toute la nuit à nous.

Pour ceux qui sont restés sous la pluie de Nyon à Visions du Réel – et tous les autres - on remet ça ! Avec tout le decorum, mais sur 35mm, et en cinéma pour la sortie de NOMAD’S LAND – Sur les traces de Nicolas Bouvier. Histoire de vous ôtez toute excuse, vous avez déjà toutes ces dates à choix et les liens qui s’imposent pour combler de lectures l’attente.

Et faites passer le message, on n’est jamais trop à faire hurler les loups.

À tout bientôt mes amis,
Bien à vous

Gaël

Projections Open Air les :
24 juillet à Lausanne
27 juillet à Genève
31 juillet à Vevey
8 août à Yverdon


En sélection officielle pour le Festival International du Film de Locarno les 9 et 10 août 2008

Et en sortie dans les salles dès le 10 septembre

Liens
www.nomadsland-lefilm.com
Sur facebook

21 janvier 2007

Faire durer le Voyage
















Depuis quelques mois, je goûte enfin au même climat que vous, et vous offre donc un peu d'Asie en compensation :








- Semaines de "Carnets de Route" au Pakistan et en Iran sur RSR la Première (toute la semaine du 22 au 27 janvier 2007
dans Un dromadaire sur l'épaule).







- Un long reportage exclusif sur "La Frontière Pakistano-afghane" dans
le magazine Equestrio de février.

- Pour les films :
« NOMAD'S LAND sur les traces de Nicolas Bouvier » (90 minutes) et

« Kalash : Le Bonheur Païen », (52 minutes)
j'y travaille, je vous jure, je m'y use la rétine sans rechigner mais ne pourrai conclure
qu'en 2008.


Voilà donc quelques nouvelles, un moyen parmi d'autres de prolonger le voyage, et surtout de lui donner du sens.

À tout bientôt j'espère, que l'on refasse cette année de visu autour
d'un bon verre,

Bien à vous,
de tout coeur

Gaël

Gaël Métroz
Journaliste Rp, Réalisateur
CH - 1945 Liddes
079 373 18 82
gaelmétroz@gmail.com

15 octobre 2006

Route de la Soie 5


Les convoyeurs du ciel
Dans ces imposantes caravanes, plus achalandées que n’importe quelle demeure pakistanaise, vivent des familles de routards gaillards en diable, à l’affection souvent aussi douteuse que les clopes qu’ils se roulent, mais qui ont entre eux cette tendre attention qui relève à la fois du grand-père à histoires et du frère au coup de main preste.

L’équipage est immuable : un chauffeur qui fume à plein temps, l’aide chauffeur aux gros bras sales qui « fait » la route autant dans les passages difficiles qu’en retapant les tronçons effondrés, et le petit « kleaner » - généralement un mignon d’une douzaine d’années qui mourra avant d’en avoir vingt - dont les tâches subalternes vont du service du thé jusqu’à la lessive. Une petite famille donc, qui s’agrandit chaque nuit et à chaque repas par celle d’autres routards qui ont franchi les mêmes cols enneigés, comblé des heures le même glissement de terrain, contemplé le même crépuscule, ou qui attendent qu’on leur en fasse le récit.

Une vie de nouveaux nomades pour laquelle je ne me sentais pas prêt jusqu’à aujourd’hui. Aujourd’hui, borne 215 de la Karakorum Highway, quatrième jour de route dans la petite cabine d’un camion chargé par dix tonnes d’abricots et de noix.

Route de la Soie 4


Les nouvelles Caravanes





Il reste peu de chameaux sur la Route de la Soie. Pourtant les nostalgiques feraient mieux de reprendre un peu la route plutôt que de s’enfermer tristement dans le passé mythique des livres, car, traversant les cols et monts himalayens comme des sapins de Noël ambulants, mugissant comme les monstres chamarrés qu’ils sont, les nouvelles caravanes avancent encore à la vitesse du pas, mais avec dix tonnes de marchandises et tout l’art du Pakistan en guise de vêtements.









Il faut plusieurs mois aux forgerons, peintres, sculpteurs et menuisiers pour donner au pare-chocs une forme de grosse mâchoire, lui créer une dentition de grelots qui résonneront au rythme lent des cahots, refaire la cabine de bois finement sculpté, l’enjoliver comme un gigantesque masque de carnaval à coups de cœurs, miroirs, catadioptres, pendentifs et guirlandes lumineuses brillant dans la nuit comme une étoile filante à embonpoint, puis surélever le toit en une énorme couronne, avant de peindre finalement chaque centimètre pour combler ce vide que ces artistes locaux semblent avoir en horreur.



12 octobre 2006

Route de la Soie 3




























L’oasis de Turfan



Terre la plus éloignée de toute mer – autant dire que l’on hésite deux fois avant de choisir le poulpe sur les mille et une brochettes des éventaires - Turfan prospère bien au-dessous du niveau de la mer, ce qui en fait la région la plus chaude de toute la Chine.
Ville bien chinoise d’ailleurs, aux affiches plus lumineuses qu’à Las Vegas, puis modestes maisons uigurs en pisé, cimetière musulmans, des gosses qui courent derrière mon vélo pour m’offrir des raisins avant de fuir en riant, et plus rien que le désert.















Désert de dune qui annonce celui de Gobi, désert parcourut dès lors par le rêve seul des caravanes.
Encore un désert, toujours aussi pur,
la plus belle image de la mort
- rien n’en revient –
et qui attire comme un vertige.
Reste un bout de vie
plus dense que jamais
tapie sous le crissement du sable,
cette vie
à qui l’on donne des sens inconnus
mais qui en prend encore d’autres.
On se défait des bagages inutiles,
parfois se déchausse,
on en oublie même son corps
tant il nous crie
qu’il a mal et soif,
que tout ce qui vit doit mourir

mais douce mort,
dans ce drap de satin.






Route de la Soie 2

Kashgar,

Chine du Xinjiang, ancien Turkestan oriental




Un an déjà que je suis sur cette Route de la Soie sans l’avoir jamais ressentie aussi fortement qu’ici. Dans ce centre de l’Eurasie, on parle Uigur, Tadjik, Kirghize - tout sauf Chinois, paradoxalement - et s'empiffre de kebabs pour étirer encore le Moyen-Orient.

Un coin de lune où tous tes peuples alentour se sont tant battus, mêlés et envahis, où l’on est tant venu pour y vendre rubis du Pakistan, lapis lazuli afghan, jade de Chine, où l’on a tant versé et mêlé les sangs du continent que tout semble encore possible. Que tout ce que j’ai pu aimer sur cette année de route se trouve soudain réuni.


Ces femmes uigurs en sont le meilleur exemple : petites sauvageonnes grillées à la peau ronde et tirée comme celle des servantes de Gengis Khan, un anneau d’or à l’oreille, elles ont tout le reste des gitans d’Europe de l’est. Un foulard de gaze vif avant tout, avec des franges dorées et le cliquetis de petites pièces de monnaie frappées, puis ces jupons à volants égarés en arcs-en-ciel sombres, sanguins, dansants sur des jambes de bronze. Puis cette voix surtout ! Une langue turco-mongole qu’elles modulent en cris vifs, chants riches et rauques, grands rires de gorge. Et ce ton lent et gai qui se hausse en fin de chaque phrase comme si la vie n’était qu’interrogations. Quiconque y laisse traîner son âme perdra à jamais toute certitude.


Kashgar. Les Chinois Hans, qui sont heureusement pour eux trop sourds à ces accents, tentent bien de mettre un peu de rigueur dans ce plus vieux bazar du monde, mais les ânes uigurs se plaisent encore à crotter sur bitume frais au rythme des intestins.









07 octobre 2006

Route de la Soie 1













Les nomades Kirghizes de Karakul



Une fois atteint la frontière pakistano-chionis du Kunjerhab Pass (ainsi nommée Vallée du Sang en raison des commerçants caravaniers égorgés sans cesse par des bandits sur cette Route de la Soie), on arrive à 4800m sur une vaste plaine d’alluvions grise cernée par les montagnes du Pamir.

Ciel bleu saturé, presque noir, irréel, percé aux quatre coins de l’horizon par une couronne de monts enneigés. Au-dessous, des contreforts de sable au beige soyeux, un paysage gris, infini, désert minéral, lunaire. Les nomades tadjiks et kirghizes y ramènent leurs yaks pansus perchés sur des chameaux laineux.

Dans la yourte, on a percé le toit circulaire pour la cheminée du samovar et pour nous laisser voir toute la nuit des étoiles qui gèlent. C’est là que je vis, entre le hamac du nouveau-né, l’autre gamin tout rond avec son pantalon fendu aux fesses et le métier à tisser.
Vers le lac, un kirghize au chapeau de feutre blanc urine à grands flots de miel dans les derniers rayons, les fesses cambrées comme un mauvais skieur, puis se roule un clope dans un bout de journal. Sa femme, sortie un instant pour ramener des excréments séchés afin d’alimenter le feu, rit de voir partir notre petit chameau blanc – trois mois demain - avec le pain qu’elle venait de cuire. J’avais bien vu passer sa petite tête blanche et laineuse par la porte de la yourte, mais je n’ai rien dit car, ce soir, il nous restera du thé au lait salé, un plat de légumes suspects et cette nouvelle turpitude pour briser la glace.

02 août 2006

Frontière Pakistano-afghane 5


Quelques nouveautés et publications :

- Pour les retardataires : rediffusion des « Carnets de Route Birmans » sur Radio Suisse Romande la Première (RSR1) toute la semaine du 23 au 28 octobre 2006 dans Un Dromadaire sur l’épaule, dès 13 heures.

- Pour les cynophiles : nouvelle projection du film « L’Afrique de Rimbaud » (avec première salve de retrouvailles) à Porrentruy, le 31 octobre 2006 à 20h, Aula de la HEP.

- Pour les amateurs de buz kachi et polo, pour les bouzophiles et podophiles donc : couverture et illustrations du magazine Equestrio, dès septembre en Asie via Dubaï, et en Europe dès octobre 2006.

- Et toujours, pour les Valaisans, un article par mois dans le Nouvelliste.






Frontières de Visages


Afghans



Kalashs









Wakhis Tadjiks














... et autres apparitions de la route














25 juillet 2006

Frontière pakistano-afghane 4



Polo :
"Roi des jeux, jeu des rois",
même sur un yak

On raconte que l’élite Mongole utilisait une tête de chèvre en guise de balle de polo, le peuple en a alors peut-être récupéré la carcasse pour créer le Buz Kashi.

Avec le pinceau d’un sabot, on mélange soleil et terre en un large trait d’or : le tableau s’illumine, les silhouettes se découpent, toujours plus larges, toujours plus nettes à mesure que le galop vous submerge.
Qu’il soit pakistanais, mongol ou créé pour les rois de l’antique Perse, le Polo demeure le jeu des rois. Et les plus riches monarques de ce coin de l’Himalaya sont ces cavaliers semeurs d’or qui n’ont qu’une armée de chèvres : un instant qui a des milliers d’années et se jouera tant que la terre usée, le vieux soleil, la nuit et l’ombre des chevaux voudront bien s’unir sur le toit du monde pour arracher quelques pépites à ce sol stérile.
L’alchimie d’un instant qui n’existe que pour lui, sans profit ni loi ni vainqueur :
le vrai jeu de la vie la plus pure.

Frontière pakistano-afghane 3


Buz Kashi
ou
« Attrape la chèvre »

Lorsque tout, des glaciers himalayens aux steppes stériles, vous crie que ce sentier de chèvres n’est pas l’antique Route de la Soie, lorsque le dernier marchand afghan qui vend indistinctement sucrerie et lapis lazuli à la pesée vous répète qu’après ce col – si Allah veut bien que vous y parveniez - il est encore un autre col de 16'000 feet et que là-haut, même les yaks comptent leurs pas, alors jamais on ne croirait «les» voir apparaître.

Lorsque les dernières marmottes au poitrail citron vous ont aussi sifflé que le soleil mourant fait geler l’eau et qu’il vaut mieux se coucher tôt, le vautour qui plane bas vous montrera où «ils» ont décapité la chèvre. Et alors vous les verrez enfin fendre le corset des montagnes en une traînée d’or. Les chevaux écorchent la terre à grands lambeaux de poussière, toujours plus proches, et cet horizon d’ombre qui se resserre, les montures qui vous submergent, écument en vagues, et le tambour du sol qui tremble dans des craquements d’os, claquements de fouets, cris, battements de cœur au cœur de la meute, la vague qui se referme et l’univers qui se retourne.
C’est l’heure où, le bétail rentré, les Tadjiks « attrapent la chèvre » (« Buz Kashi » en perse). Sans lois sur un terrain sans bornes, dans le Wakhan Corridor, au confluent de quatre patries (Afghanistan, Chine, Pakistan, Tadjikistan) et sur des chevaux éduqués à mordre, botter, ruer et renverser leur congénère, on se dispute une carcasse de chèvre à grands coups de cravache. Le gagnant du Buz Kashi l’aura rapporté dans le cercle qui délimite le centre de leur territoire infini.

23 juillet 2006

Frontière Pakistano-afghane 1


Retour au Pakistan : Joshi Kalash

Peshawar, 47 degrés, et toujours les mêmes larges barbes hugoliennes, toujours le même terne complet Shalwar-kamiz, toujours que de rudes gaillards à la fois larges comme des ours et curieux comme des fouines, pourtant l’hostilité a dégelé avec le printemps. Quelque part dans les montagnes de la frontière pakistano-afghane, le festival du Joshi se prépare ; quelque part chez ces Kalashs que l’on nomme Kafirs (païens), on déguste la liqueur d’abricot à la régalade avant de s’en aller chanter de guingois du côté des blés qui tanguent toujours un peu trop quand la tiédeur de la nuit se fait.
Bhutto m’a bien bâti une chambre pour travailler loin des chenapans, mais chaque nuit, après le repas, je reviens près de la couche des enfants pour ne pas dormir, trop heureux de sentir respirer la vie, de voir ces gosses en robe de chambre étoilée enchevêtrés dans leur sourire d’ange, trop heureux davoir une nouvelle famille.
Festival du printemps (Joshi) : le lait est offert en sacrifice, les danses reprennent, farandoles à l’ombre des grands cèdres, flûtes et rires, danses, robes de nuits à broderies d’étoiles, coiffes à grelots, longues tresses noires qui vous fouettent la joue en une pirouette. Le bruissement heureux des grands chênes, le cri des bergers : ça fleure le suint et le pet des chèvres. Convoi furibond, débridé, bachique, parmi les grands barbus pris de panique, ça pue la vie !

Frontière Pakistano-afghane 2


Là où paissent les fées : Kalash 4
Lorsque le Dieu Khodaï a flairé les offrandes du lait nouveau, lorsque les plus belles chèvres ont été offertes en sacrifice pour bénir le long exode des bergers, on guide alors le restant du troupeau au plus haut des pâturages, le regard rivé aux grands glaciers où étincelle déjà l’aile des fées. Elles nous attendent, les fées, elles veillent sur nos pas qui tremblent sur les ponts suspendus et soutiennent le gravas lorsqu’il n’y a que le vide au-dessous et une falaise sans prises qui vous colle au dos. Elles accueillent aussi les trois chèvres qui sont tombées dans les ravins et dont le fracas a mis tant de temps à nous atteindre.
Tout l’hiver, elles ont récuré les glaciers, rangé, ripoliné, épousseté les névés en punissant à coups d’avalanches quiconque oserait perturber leur remue-ménage. Tout l’hiver, un torchon dans les cheveux, elles ont purifié le royaume de l’Himalaya, ces fées Kalashs, et là, enfin, elles se retirent dans les lacs altiers pour le ravissement des bergers. Chacun en parle avec un soupir : « grand-père les aurait vues se baigner et l’oncle éloigné les aurait même connues, enfin, il les a… ils ont été très heureux. »
Ce sont ces histoires fredonnées au coin d’un thé salé qui vous réchauffent, lorsque l’on écoute braire les étoiles et que les autres fées sans ailes sont à plus d’une semaine de marche du pâturage. Alors on se tire un mouton sous le nez en guise de couverture, et songe que, dans un mois déjà, le troupeau nous mènera jusqu’en Afghanistan. Et plus loin encore, ce corridor Wakhan où les Tadjiks et leur Buz Kashi m’ont si longtemps fait rêver, et les Uigurs, les Turkmènes, les Kazakhs, la Chine…


… à suivre …

25 avril 2006

Inde 3 : le Sikkim himalayen

















Les enfants du Kangchenjunga

Pas d’aéroport ni de train pour le Sikkim : quelle chance !
Des jeeps bondées sur des routes qui sillonnent des forêts de bambous, des sentiers de pèlerins qui gazouillent et cigalent, des chemins de guingois où l’Inde a le temps de se métamorphoser lentement. Les vaches sacrées se changent en yaks, les plaines désertiques ou fertiles deviennent plantations de thé, collines, monts, Kangchenjunga… Les visages s’arrondissent et la peau se tire tant que tous les Sikkimais ne peuvent s’empêcher de rire naturellement, les yeux bridés de bonheur.

Bouthias, Népalis ou Tibétains : les peuples les plus doux de tout le périple – pas d’indiscrétion, pas de fausse pudeur non plus, mais juste des sentiments tout naturels qui vous font plaisir d’être un homme comme un autre, simplement.

Sur la colline de Kacheoparli, le lama Pala, ancien cuisinier du Dalaï Lama, équeute les pois avec sa dernière fille de dix ans – celle qui, selon ses prophéties, sera la mère de sa prochaine réincarnation. Parmi les hauts drapeaux et les prières tibétaines, de petits bonzes chantent, prient, ramassent les feuilles ou arrangent les plis de leur robe lie-de-vin.

Une Inde tranquille, bouddhiste, pas trop peuplée et même extrêmement propre… et pourtant, c’est encore l’Inde.
Un subcontinent, plus d’un milliard d’Indiens c’est bien suffisant pour ne plus oser de trop sottes généralités, non ?

24 avril 2006

Inde : Gitans du Rajasthan 2



Foulli, la « Princesse des Rats »



Parmi ces enfants de l’exil, souvent trop fiers ou trop « intouchables » pour être approchés, il est une petite famille de Bhopas qui a construit sa hutte de boue parmi les rats de Jaisalmer.

Si vous voyez briller l’éclat d’un bracelet ou le reflet soyeux d’une robe vermillon, c’est que Foulli est là, et que ses deux filles doivent être accrochées à une main ou un bout de sein.

Comme le médecin lui demandait 10’000 roupies pour une césarienne (200 euros, le salaire d’un an pour ces intouchables), elle s’est couchée dans un coin de tente et a laissé œuvrer le couteau de cuisine de la voisine… Son premier fils n’a donc pas survécu à cette boucherie : Foulli avait juste seize ans.

Mais Dungra, l’époux que son père lui a choisi, ne boit pas et aime autant ses enfants que sa femme – la fragile roue de la chance avait donc tourné. Depuis qu’il s’est imaginé m’enseigner l’art de son étrange violon Bhopa, ils ont même un gamin de plus. Car c’est avec ces frères d’exode que j’ai passé mes jours et mes nuits au pays des Maharajas, là où les vraies princesses ne sont pas celles que l’on croit.

Deux mois après les avoir quittés, je suis déjà revenu les voir : ils allaient reprendre la route. Et je les retrouverai encore sur la poussière des grands chemins, lorsque la mousson les aura chassés plus loin et que je reviendrai de la Chine et du Pakistan : j’ignore bien où, ni réellement quand, mais je les retrouverai, je l’ai promis.

Retrouvez vous aussi Foulli et les « Gitans du Rajasthan », dans les reportages de Passe-Moi les Jumelles, le 24 mai prochain sur la TSR (Télévision Suisse Romande 1 et 2).

Inde : Gitans du Rajasthan 1






























Gitans du Rajasthan 1

Il est enfin un pays pour les vauriens, les poètes et les baladins…


Les gitans du Rajasthan ne sont ni Brahmanes ou prêtres (la plus haute caste indienne), ni Ksatriya ou princes guerrier (seconde des quatre castes), ni commerçants Vaisya, ni de simples hommes à bras Sûdra. En fait, selon le système des « varna » (qui signifie « castes » ou « couleurs »), ils font partie de la vaste population indienne des intouchables et la société n’attend rien de leur part. Des troubadours, des va-nu-pieds, des bon-à-rien...
Mais ces hors-castes ont encore une sorte de violon, une danse ou un chant improvisé sortis tout droit des origines gitanes : Nat acrobates, danseuses Kalabilias, marionnettistes Bhopas, charmeurs de serpent Jogis, rétameurs de chaudrons, danseurs d’ours ou musiciens Manganyars, leurs arts de parias égaient toujours la cour des Maharajas. On les nomme d’ailleurs « Kalakar », puisque, depuis que les Dieux jaloux les ont jetés sur la poussière des routes, ils sont « artistes ». Alors on s’entend à merveille. Souvent nomades, mais sans troupeau, ils allaient déjà de village en village animer les cérémonies de toutes les castes bien avant nos propres tziganes.

Car c’est bien de ce Rajasthan que sont partis tous les gitans de la planète, il y a maintenant plus de mille ans.



08 mars 2006

Pakistan 4 : Désert du Cholistan




Quand la vie nous prend tout notre temps

J’écris dans la cour, sur ce lit de corde qui me tient à l’écart des scorpions depuis presque un mois. Les gosses viennent, m’empruntent le stylo pour quelques tatouages maladroits, et repartent. Un âne passe. Une chèvre sort de ma chambre en crottant, un confetti de poème aux lèvres, c’était un poème pour une amie :
...
Et les éperviers, sur le bar des toits en rang d’oignons
Les bœufs à bosse préhistorique, lente, résignée
Et les dromadaires qui ruminent des anciennes étoiles
Si hauts, si pendus au ciel
Que les coussins de leurs pieds touchent à peine le sol
Tout est ton sur ton, surpeint de poussière
Ou alors sous un glacis d’or
Ciel cannelle, chacals, fennecs, scorpions
Serpents en habit de camaïeux crème
Points d’eau craquelés comme peau d’éléphant
Terre si basse que l’ombre des dromadaires fait la moitié du désert
Acacias achevant de coudre ciel et terre en points d’étoiles noirs
L’horizon n’est plus qu’une cicatrice de velours

Le monde est une sphère
Qui nous entoure
Où on se perd

Pakistan 3 : désert du Cholistan

Désert du Cholistan: des airs de dromadaire

On pense d’abord que tous les chameliers sont comme ces Rajasthanis indiens qui se contenteraient du prix de quelques thés pour vous emmener au vous désirez. Eh bien pas dans la partie pakistanaise du désert du Thar (nommée Cholistan, « patrie de ceux qui se meuvent » et donc enfin « Nomad’s land »). Non, car ici on a bien mieux à faire : dormir avant tout, dormir et suer un peu quand on en a la force. Alors j’étais finalement parti seul dans ce désert du Cholistan avec un dromadaire. Je savais qu’il se nommait Mafi et qu’en tirant sèchement sur les brides avec un raclement de gorge, il devait s’asseoire. Mais il n’a pas voulu, alors on a marché, longtemps… jusqu’à ce qu’un autre corsaire de ces vagues de sables veuille bien m’aborder et me guider chez lui.

Son village se nomme Derawar Fort, en raison des bastions qui avaient servi, des siècles durant, à protéger le royaume des Princes et des Nawabs. Mais il n’est plus dès lors que les chacals et les bandits qui hantent le désert. Les bandits, et la famille de Mohammed Shafik accrochée à sa mosquée plus encore qu’à son puits.

15 janvier 2006

En Nomad's Land 6 : le bonheur paien



Pakistan 2 : Le mystère des Kalash

Les mains gainées, noircies à ne plus les reconnaître, toutes tailladées de froid et des travaux kalashas, le corps juste lavé par l’aube à l’eau des moulins, je suis chaque semaine plus terreux, à chaque cérémonie plus béni du sang des chèvres immolées. Chaque jour ma peau ressemble plus à l’écorce des vieux chênes, et j’ai pourtant le cœur si léger… D’ailleurs, à force de chapatis (galettes de blé non levées) mon odeur a changé : je sens le vieux bois et le suint des chevreaux.

Ces Kalashs sont les derniers « Kafirs » (païens) de l’Indukush. On les dit en effet « infidèles », puisqu’ils ne sont pas musulmans ; on les dit encore chamanes ou descendants d’Alexandre de le Grand et fruit du plaisir de ses soldats, mais les Kalashs sont avant tout de ces Ariens nomades qui ont jadis posé leur exode avant les plaines gangétiques. Cause de leur persécution, ils ont surtout la folie de croire à cette brave vie qui se joue à chaque instant sous nos yeux et se font un vrai culte de la fêter.
Pourtant la pression musulmane entraîne chaque année de nouvelles conversions ;
chaque jour la culture kalasha et sa tradition orale doivent luter pour que soient régénérés les saisons, les pâturages, les âmes, pour qu’ils puissent encore exister.
Je suis là, dans une chaumière enneigée, près de ce col de la frontière pakistano-afghane dès lors fermé pour des mois, là, le sourire gelé sur le visage, tant je suis heureux, et tant il fait froid. Un mois captif de cette chaleur qui retient les cœurs, qui les empêche de geler pour de bon, et maintenant bloqué par la neige.

En Nomad's Land 5: chez les chamans kalashas


Festival Paien

Dans cette vallée reculée de la frontière pakistano-afghane, Bhutto, sa femme Nasim Begin et ses cinq enfants m’ont accueilli dans leur petite chaumière le temps de leur festival du Chaumos. Trois semaines durant, danses, brasiers de genévriers, chants ancestraux, sacrifices de chèvres et autres cultes ont rythmé les journées pour préparer la venue du divin Balémaïn.
Une nuit à modeler des statuettes en pâte de pain pour les immoler le lendemain à coups de pierres. Un jour à danser, un autre à
laver les vêtements de toute la tribu avant d’entamer les grands nettoyages du solstice, puis l’on entoure le village de fumée afin d’achever les purifications et le fermer à tout étranger. Pour y demeurer, il me fallait acheter un bouc et le sacrifier afin que son sang me purifie. Ce soir, trente autres chèvres suspendues dans la nuit offrent leur gorge à la pleine lune : la neige est bleue et rouge, la terre tremble à nouveau ici au Pakistan pour annoncer l’arrivée du Dieu
Mais des chants, de la danse à enhardir le printemps : une vieille édentée tournoie dans la parade des villageoises, yeux clos,
mains levées vers le ciel afin de recevoir les derniers mots des Dieux, et elle reprend les mêmes pas des dizaines de refrains durant, puis sa tête tombe comme si son esprit s’en était allé du côté des génies, comme s’il avait retrouvé la voie des chamanes sur les montagnes interdites, comme s’il avait oublié la fête et les chants, alors, vraiment, vous croyez à la transe.

En Nomad's Land 4: en tribu Qashqa'i



Iran 2: des montagnes du Zagros vers les dunes

Alors, d’une minorité à l’autre, on se retrouve à un coup de vent du golfe persique à faire naître des chevreaux pendant que la vieille Djéran fume le qalyan en attendant que cuise la soupe. Mère, grand-mère, arrière grand-mère ? Djéran n’a pas d’âge, tout comme sa tente de laine brune qu’elle rapièce en voyant venir la pluie, tout comme sa satanée tambouille, et comme cette tradition de quitter les montagnes du Zagros dès qu’éclot le premier chevreau – ce sens de la migration qu’avaient déjà les rois de Persépolis, il y a 2500 ans, cette culture de l’exode qui se perd lentement…
Même si le professeur ne vient plus à cheval depuis que la majeure partie de ses frères nomades s’est sédentarisée et si la famille de Djéran refuse encore les nouvelles tentes de toiles et les maisons de briques, elle a pourtant insisté pour m’emmener au mariage de ses cousins « trop civilisés ». Les hommes fument d’un côté, alors que les femmes dansent de l’autre. Puis c’est au tour des jeunes loups de jouter à coups de bâtons pour séduire les danseuses et, qui sait, en brisant assez de genoux, conquérir l’une d’entre elles, l’épouser l’hiver prochain et enfin pouvoir lui parler.

Trois jours de noces dans les nasillements du saz, les coups de bâtons ou de fusil, trois jours où Djéran retrouve une culture qu’elle croyait perdue.

08 décembre 2005

En Nomad's Land 3: Kurdistan iranien


Iran 1: Tabriz, Kurdistan, Isphan, Shiraz, Yazd...

A l’approche de la frontiere (desole pour ces mots sans accents, on fait avec ce qu'on a, ici), les femmes du bus s’agitent et, le temps de voir tomber la nuit sur le soleil de leur visage, elles sont en "tchador" (litteralement "tente" en farsi).
Le Tabriz ou Nicolas Bouvier a sejourne tout un hiver ne donne plus guere envie: ville industrielle sans plus de vie que de pretentions, sans plus de souvenirs. On y parle tantot l’azeri, le turc, le kurde et parfois le farsi. Mais son bazar annonce deja l’architecture de tout le pays: des grandes coupoles en briques, boue ou pise (pour conserver un peu de fraicheur l’ete et la chaleur des bons thes l’hiver) que l’on retrouve du Kurdistan aux deserts de Yazd.

Par meconnaissance, on dit les kurdes mechants et tendancieux, alors qu’ils sont tout bonnement enclins aux faceties et que leurs pantalons bouffants serres par une large ceinture de toile leur donne des allures de califes. Pourtant, en Iraq, en Turquie autant qu’en Iran, ils n’ont guere droit de citer et compensent leur triste reputation en vous invitant a tors et a travers, pour un the, un repas, le mariage de vagues connaissances, une nuit sur un tapis qui a servi de canape, de table, puis, le temps de tirer un peu les dechets de pain plat, de lit.
Apres dix jours de leur hospitalite, il fallait y rester eternellement ou fuir a la sauvette.

30 octobre 2005

En Nomad's Land 2 : Vers l'Iran


Turquie 2 : Yusufeli, Tekkale, Erzurum, Dugubayezit...

En plein Ramadan, ce fut une journée peu orthodoxe avec des Géorgiens croisés en plein culte dans une basilique en ruine : à chacun de leurs toasts, il faut vider d’un trait ce bon vin blanc au goût de fumée et de musc que l’on voudrait déguster lentement, comme un soleil retrouvé dans l’hiver au nez du Ramadan. Et pourtant il faut encore faire honneur à chaque bénédiction, à la famille, l’amitié, la paix dans le monde et les filles si jolies sans leur foulard… Puis les cœurs échauffés se doivent de chanter. Alors il faisait un peu saoul, ce soir-là, dans le village perdu de Tekkale, tout au Nord-Est de la Turquie.
De retour dans la neige de Erzurum, on mange, boit et fume avant et après le jour, sans quoi ces rudes montagnards vous semoncent et lèvent une large paume de maçon. Et pourtant, il est toujours un infidèle qui vous dit « camouflage » en riant et vous emmène vers un thé fumant pour griller nerveusement trois cigarettes. C’est sur votre épaule que retombe cette fois la main, avec un clin d’œil complice.


Ce matin, après le repas de 5 heures – pain plat, lait aigre, mouton, baklavas - il ne manquait rien au bonheur devant ce troupeau descendu du mont Ararat. Noé pourrait en redescendre et le déluge revenir que rien ne saurait me faire bouger de là.
Quel temps fait-il à Tabriz, et dans les déserts d’Iran ? Est-ce que l’on marmonne aussi « Güzel » (c’est beau !) en lâchant une larme au Pakistan, en Inde, au Sri Lanka… Bientôt je le saurai, le temps de trois saisons, ou d’une année. Bref, le temps qu’il faudra...

Alors à tout bientôt, mes amis.

En Nomad's Land 1: Un moıs de Ramadan



TURQUIE
Liddes, Munich, Vıenne, Bucarest, Istanbul, Erzurum, Trabezon, Yusufeli, Tekkale...

« Morte saison ! bruissent les sorbiers aux joues couperosées. Temps de partir à nouveau pour les nomades ». Quitter un hiver pour un autre : 53 heures de train vers Istanbul avec pauses Tokay… et s’affaler enfin dans une chambre de bonne en attique avec les métamorphoses de la basilique Ste Sophie pour éclairer les réveils. Le muezzin annonce la première prière, l’aurore est tendre à vous tirer des larmes, alors on filme, prend cent photos à s’en geler les doigts, puis il faut bien avouer que la vie est plus forte, immédiate, la vraie vie qui sent le thé et l’écume, celle qui ne s’enferme ni ne se grave, celle qui dépasse en largeur et en profondeur toute image...

Dans ce nouveau train qui m’emmène entre les collines de l’Anatolie, on fait encore de la fumée en soupirant d’aise, et mon vieux voisin s’échine à combler ma chaussure de ses écorces de graines de courge, pourtant il fait bon vivre. À voir ces maisons clairsemées sur les montagnes enneigées, on se demande où l’on dormira demain. Et cet enclos à moutons dans la brume de leur souffle, et le sentiment secret que chacune de ces fumées trahit de la chaleur, de l’intimité silencieuse : tout vous prépare déjà aux fortes tapes dans le dos, aux pognes gigantesques, aux bonnets de fourrure, au suint de l’hiver. Car on arrive à Erzurum, 2000m d’altitude, et les brocs gèlent dans les chambres.
Vers les anciennes vallées géorgiennes, il fait meilleur vivre paraît-il ! Alors allons-y : quand on a le seul luxe du temps, une camionnette ou des jours de marche suffiront.

31 juillet 2005

Carnet de Route




Gaël Métroz
1945 Liddes (VS)
reporter (Tv, Radio, Presse écrite)
Réalistateur
079 373 18 82


Formation Lettres (français, philosophie, histoire de l’Art)
à l’Université de Lausanne jusqu’en mars 2004.

Prix littéraires Prix de la Sorge, 2004.
Premier prix suisse du concours international de la nouvelle.
Sélection du Prix du Jeune Écrivain francophone 2004.

Spectacle Création et mise en scène de la pièce L’enfant Déchu, ainsi que jeu de plusieurs pièces au Théâtre du Martolet.

Voyages et publications


De mars à août 2004, « Sur les traces de Rimbaud », Éthiopie-Soudan-Égypte.

Une semaine de carnets de route pour "Un dromadaire sur l’épaule" à la Radio Suisse Romande la Première.

13 articles dans Le Nouvelliste.

Film « L’Afrique de Rimbaud » (52 minutes) diffusé en conférences et, dès février, sur les chaînes européennes et en dvd chez Elytel Dvd Pocket .

D’avril à mai 2005, Myamnar ( Birmanie)

Une semaine de carnets de route pour "Un dromadaire sur l’épaule" à la Radio Suisse Romande la Première

Articles dans Le Nouvelliste.

Dès octobre 2005, en Nomad’s Land, « Sur la route de Nicolas Bouvier et des tziganes », huit à dix mois entre Bulgarie, Turquie, Iran, Pakistan, Inde…

Six émissions pour "Passe-Moi les Jumelles" (Télévision Suisse Romande), dès janvier 2006.

Plusieurs semaines de carnets de route pour"Un dromadaire sur l’épaule" à la Radio Suisse Romande la Première.

Articles dans Le Nouvelliste.

Film « Nicolas Bouvier et autres nomades », à monter et réaliser au retour du périple, dès automne 2006.

07 juillet 2005

L'Afrique de Rimbaud


"L’Afrique de Rimbaud"
Film documentaire de Gaël Métroz
musique Julien Pouget

De retour de six mois africains, et en complément à ses articles parus (Le Nouvelliste, Temps…) ainsi qu’à sa semaine radiophonique (dans Un Dromadaire sur l’épaule, RSR la Première), Gaël Métroz vous annonce la sortie européenne de son film documentaire l’Afrique de Rimbaud sur Dvd (chez Elytel DVD POCKET) et sur les petits écrans.

Dans cet itinéraire poétique sur les traces mythiques de Rimbaud, il sera aussi question de d’ethnologie, de géographie et d’aventure : aventures d’un train éthiopien moribond, celles d’une tribu hammer perdue nulle part dans la savane, celles encore des mille frasques de voyage, des rencontres inattendues, et des longues marches dans le désert, des rares felouques, des ânes affectueux…

En effet, 52 minutes durant, vous remonterez le Nil du Caire à ses sources éthiopiennes, en passant par l’Égypte, le Soudan, leurs rites, leurs chants. Puis vous atteindrez enfin Harar, l’étrange retraite abyssine du poète.

Alors partez avec nous sur les traces du « Passant considérable » ! Suivons le là-bas, dans cette Afrique bigarrée, comme si sa poésie devait le rattraper malgré lui, de jadis à aujourd’hui.

Bien à vous, et, dans l’espoir que nous pourrons unir nos rêves dans la perspective de cette aventure, je joins toutes mes espérances aux mots du poète:

« Merci du cœur », comme il disait.
Gaël
Gaël Métroz
1945 Liddes

06 juillet 2005

En Nomad's Land


"Nicolas Bouvier et autres nomades"
Une aventure de bien des mois

Après la diffusion de ses carnets de sur RSR la Première (Un dromadaire sur l’épaule) et Le Nouvelliste, Gaël continuera à présenter son film L’Afrique de Rimbaud (52 min. et DVD à commander à son adresse e-mail) aux dates que vous pourrez déjà réserver ou découvrir sur ce site.

Puis, dès qu’il aura trouvé le budget nécessaire à son nouveau long métrage "Nicolas Bouvier et autres nomades", il reprendra la poussière des grands chemins, seul, avec son carnet de notes et sa caméra pour le Sentier des Nomades. Mais – pensez ! – pour un tel voyageur au long cours, une année sera bien nécessaire à la rencontre des Roms, bateleurs hongrois, Bulgares, soufis turques, shah et chiens d’Iran, nomades pakistanais ou Rajpoutes indiens.
Un nouvel Usage de Monde donc, sur les traces de Nicolas Bouvier, des tziganes, et de ces mille trésors de la route qui ne se montrent qu’en chemin.

Partez donc avec lui, et contactez-le sans tarder pour quelques nouvelles ou petits bons conseils que ce soit.
On ne part jamais seul.

Bien à vous, compagnons de routes, amis de mots et merveilles.
À tout bientôt.


Gaël Métroz
reporter, journaliste Rp, réalisateur
1945 Liddes

079 373 18 82
027 783 22 66
gaelmetroz@bluewin.ch
gaelmetroz@gmail.com

« … Si demain quelqu’un
s’inquiète de notre ami d’au-delà des mers,
dites que, déposant ses sandales,
il est rentré chez lui,
pieds nus… »

À la mémoire du bonze Eisen,mort en Chine en l’an 830